
Au Café de la Danse, CharlÉlie Couture a retrouvé la scène parisienne avec cette allure singulière qui mêle distance, intensité et élégance cabossée. À 70 ans passés de peu, l’auteur de Comme un avion sans aile n’est pas revenu comme une figure de musée, mais comme un artiste en mouvement, toujours prêt à faire dialoguer la chanson, l’image, le verbe et le doute.
Une présence scénique
Chez CharlÉlie Couture, l’entrée en scène n’a jamais relevé ni du triomphe ni de la nostalgie. C’était d’abord une présence, une manière d’habiter l’instant sans forcer l’effet. Au Café de la Danse, ses trois concerts des 19, 20 et 21 mai ont servi au mieux son art de l’adresse, sa façon de chanter comme on parle à quelques inconnus devenus complices le temps d’une soirée. On a retrouvé chez lui cette tension douce, presque électrique, entre murmure poétique et secousse rock. CharlÉlie n’a jamais été un homme de posture, mais de vibration intérieure : une chanson, chez lui, ne décore pas le silence, elle l’ébranle.

Un artiste pluriel
Diplômé des Beaux-Arts, CharlÉlie Couture a très tôt refusé les frontières trop nettes entre les disciplines. Dès ses premiers albums autoproduits, puis avec Poèmes rock en 1981, il impose une voix immédiatement reconnaissable dans la chanson française : littéraire sans lourdeur, urbaine sans folklore, mélancolique sans complaisance. Plus de 2000 concerts, 26 albums studio selon son site officiel, et une trajectoire qui n’a cessé d’alterner fidélité à soi-même et pas de côté.

Projet Bleu Vert
Avec Projet Bleu Vert, CharlÉlie Couture remet au centre des questions qui traversent son répertoire depuis longtemps : l’amour de la nature, la fragilité du vivant et la nécessité d’une forme de décroissance. Le disque rassemble une dizaine de duos et un poème de Paul Watson mis en musique, autour de titres réorchestrés et d’une chanson inédite, Engagé volon-terre. Le projet réunit Jean-Louis Aubert, Angélique Kidjo, Yannick Noah, Cali, Kent, René Nunes, Souleymane Diamanka, Papillon Paravel, le duo Pur-sang et sa fille Yamée, tous engagés bénévolement. L’engagement va jusqu’au bout du projet : la pochette a été dessinée par Michel Granger, l’album a été fabriqué en biovinyl, et tous les bénéfices seront reversés à France Nature Environnement. C’est un disque de musique autant qu’un geste citoyen. CharlÉlie Couture y fait entendre une voix fidèle à son art, mais aussi à ses convictions. Chez lui, l’écologie passe par la chanson, jamais par le prêche. Il résume sa démarche d’une formule limpide :
« Quand la musique est un puissant vecteur de changement qui a le pouvoir d’éveiller la conscience et de rassembler autour de causes communes… »
CharlÉlie Couture, c’est l’art en mouvement : une voix, un regard, une pensée qui circule. Au Café de la Danse, ses trois concerts parisiens ont montré qu’il reste un artiste capable de transformer la scène en laboratoire sensible du réel.
Jean-Claude Djian
Dates de tournée jusqu’en octobre 2026
- 27/06/26 — Terville, open air, parc de la ville.
- 15/07/26 — Plestin-les-Grèves, La Grange Vadrouille.
- 17/07/26 — Roquebrune-Cap-Martin, Parc des Oliviers.
- 26/09/26 — Auxon, Festival Othe en Armance, (option).
- 03/10/26 — Arc-en-Senans, La Saline Royale, option, concert solo





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