TUMO Paris Crédit Forum des Images

Au Forum des images, au cœur du quartier des Halles, TUMO Paris accueille les 12-18 ans . Gratuite et ouverte à tous, l’école propose de découvrir la création numérique à travers huit domaines : cinéma, animation, jeu vidéo, musique, dessin, design graphique, modélisation 3D et programmation. Un modèle qui nous vient d’Arménie.

TUMO Paris Crédit Forum des Images

La mixité : un enjeu majeur

Au Forum des images, TUMO Paris se découvre dans une atmosphère feutrée. Derrière leurs ordinateurs portables, les jeunes travaillent en silence, absorbés par leurs images, leurs sons ou leurs lignes de code. Dans cette école du numérique, pas de chahut : la concentration domine.

Pour Claude Farge, directeur général du Forum des images, la dimension sociale était présente dès l’origine, en 2018 « C’est une des particularités du projet parisien qu’on a voulu réaliser dès le départ avec la mairie de Paris. »

Chaque semaine, prés de 1 200 jeunes franchissent les portes de TUMO. L’école est financée par la Ville de Paris, mais ouverte à l’ensemble de l’Île-de-France.

« Environ un tiers des étudiants viennent de proche banlieue », précise Élise Tessarec, directrice artistique du Forum. La mixité constitue également un enjeu majeur : « On a entre 40 et 45% de filles. On bat des records. C’est énorme pour une activité de création numérique. »

La même proportion concerne les enfants issus des quartiers prioritaires. Une diversité qui intéresse déjà les établissements d’enseignement supérieur.

« Les écoles post-bac comme La Fémis, Gobelins Paris et d’autres établissements aimeraient renouveler le profil de leurs étudiants pour qu’il soit davantage représentatif de la France actuelle », explique Claude Farge. Elles viennent rencontrer des élèves qui ont construit un portfolio, afin de les accompagner dans la poursuite de leur parcours.

TUMO Paris Crédit Forum des Images

Une éducation fondée sur la gratuité

Né à Erevan en 2011, le modèle TUMO s’est depuis développé dans plusieurs pays. Il défend une pédagogie où les jeunes ne se contentent pas d’apprendre : ils expérimentent, collaborent et produisent leurs propres créations.

Pour Pegor Papazian, cofondateur et responsable du développement de TUMO, le principe fondateur tient en trois mots : « TUMO est gratuit. » Cette gratuité relève, selon lui, d’un choix :

« Nous trouvons que, d’un côté éthique et moral, l’éducation devrait être gratuite, parce que l’investissement qu’on fait dans nos adolescents va être rentable au fil des années. » Pour lui TUMO les prépare à l’avenir « Nous voulons leur donner les outils pour qu’ils puissent survivre et se développer dans notre monde complexe, mais aussi pour qu’ils puissent l’améliorer. »

Aujourd’hui, TUMO compte une quinzaine de centres répartis dans le monde, dont deux en France : Paris et Marseille.

Un lieu pour se découvrir

Pour Bouchra, étudiante à TUMO, l’école est d’abord une affaire de « Curiosité et de talent. On s’y fait des amis en or. On apprend à se découvrir et l’on peut repartir avec l’idée d’un futur métier en tête. »

Les animateurs et les experts qui accompagnent les jeunes jouent un rôle essentiel dans cette découverte. Nadia, réalisatrice de films d’animation et experte, a pour priorité de leur apprendre le plaisir de créer. « Mon objectif est aussi de leur transmettre ma passion de l’animation, pour s’amuser, créer des projets ou éventuellement en faire un métier. Je suis là pour faire de mon mieux et leur donner ce qui correspond à leurs attentes. »

TUMO Paris conjugue apprentissage technique, expression artistique et ouverture sociale. Un lieu gratuit où les adolescents peuvent expérimenter sans se sentir jugés, rencontrer des professionnels et envisager leur avenir. Le numérique devient ainsi moins un outil qu’un langage commun pour apprendre, créer et prendre sa place.

Jean-Claude Djian

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