Macha Gharibian – Piano © Laurent Seroussi

Pour les 45 ans du New Morning, Macha Gharibian a offert un concert incandescent, entre jazz, musiques d’héritage et pulsations tribales, un souffle de vie partagé avec ses fidèles.

Le 14 avril dernier, la salle mythique semblait se resserrer autour de Macha Gharibian. Phénoménale pianiste, chanteuse et compositrice, elle célèbre les femmes, leur force et leur multiplicité, de sa voix renversante explorant l’arménien, le français, l’anglais, l’arabe et le portugais.

À la fin du premier set, le metteur en scène Simon Abkarian, compagnon de route, monte sur scène pour lui remettre les insignes de Chevalière des Arts et des Lettres. Le temps se suspend : deux artistes issus de la même mémoire se regardent, émus, l’une recevant cette distinction des mains de celui qui a scellé sa vocation.

« J’ai aimé que ce soit lui qui me remette la médaille, parce que c’est vraiment le premier qui m’a offert un plateau de création dans la musique. C’est lui qui m’a fait confiance le premier, qui m’a appelée, qui est venu me chercher. C’était la première fois que je me retrouvais sur un plateau avec des comédiens, à écrire une musique, à improviser des choses. C’étaient vraiment les prémices de ma musique, que j’osais montrer. Simon a à la fois, ouvert une porte et m’a permis d’y aller avec confiance. »

Macha Gharibian au New Morning © Jean-Claude Djian

Une ode à la sororité

Deuxième set. Macha assise au piano avec sa médaille sur la poitrine rayonne. Avec  « Phenomenal Women », elle accorde sa musique au féminin pluriel, entourée par ses deux choristes, la Suissesse Lea Maria Fries et la Suédoise Linda Oláh aux voix d’exception, du batteur Fabrice Moreau et du bassiste Kenny Ruby. Ensemble, ils forment un quintet en osmose, elles et ils exaltent la sensibilité et la sensualité des femmes, la sororité et la puissance féminine.

« Je me sens multiple. Dans cet album, je célèbre cette puissance. On commence enfin à nous donner une place. Il est temps de proposer autre chose que du jazz masculin testostéroné. Si performance il y a, elle se situe du côté de l’authenticité et de la vérité de soi. »

« Phenomenal Women », son nouvel album et son concert emprunte son titre à       « Phenomenal Woman » poème de l’écrivaine Maya Angelou, poétesse, artiste et militante afro-américaine, confirme l’étendue de son talent. Son jazz charriant rembetiko, orient, pop et rythmes chamaniques emporte la salle dans une sorte de transe douce.

Après avoir enchainé des tournées, des concerts, Macha a décidé de s’offrir quelques mois de repos avant de remonter sur scène dès le mois octobre. Pour 2017, son projet est de tracer sa route en duo avec l’accordéoniste Lionel Suarez pour des concerts plus intimistes. Une page se tourne, l’aventure continue pour cette phenomenal woman.

Jean-Claude Djian

Encadré : Prochains concerts

  • 17 oct. 2026 : Brioude, Festival Femmes du Monde
  • 21 oct. 2026 : La Chaux-de-Fonds, Festival 1000 Jazz
  • 28 nov. 2026 : Fareins, Jazz à Fareins
  • 18 déc. 2026 : Alfortville, Le Poc

Dernier album : Phenomenal Women (2025) – Inspiré par Maya Angelou, hommage vibrant à la multiplicité des voix féminines.



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