
À Tibériade, Ashkelon et Tel-Aviv, les sirènes hurlent depuis fin février 2026. L’Iran et le Hezbollah déversent missiles balistiques et roquettes en riposte aux frappes israéliennes sur Téhéran. Ce conflit, écho des guerres passées – 1948, 1967, 2006 –, impose un quotidien d’abris et d’alertes. Pourtant, au cœur des explosions, trois femmes incarnent une résilience farouche : Agnès, Karin et Susanna refusent de plier, rêvant de paix sans partenaire en vue.

Agnès : on rencontre ses voisins dans les abris
« On ne peut pas se permettre de ne pas respecter les consignes car les gens savent que les bombardements ce n’est pas de la rigolade. Ce sont des missiles balistiques et on ne peut pas jouer avec ça. En même temps dans les abris on rencontre des voisins des immeubles alentour. Les enfants jouent ensemble. On relativise, on voit le bon côté des choses. »
Agnès Peretz, avocate franco-israélienne à Tel Aviv depuis 43 ans, descend régulièrement aux abris du bâtiment voisin. A Tel-Aviv, tout le monde respecte les consignes c’est vital. Quand elle ressort de l’abri, les rues sont vides, aucune voiture circule. Elle voit dans le conflit « l’occasion de neutraliser l’Iran, financeur du Hamas et du Hezbollah. »

Karin : un état de traumatisme prolongé
« Pour mon travail, j’ai interrogé des personnes qui habitent près de Gaza. J’ai trouvé que près de 50% d’entre elles souffraient des symptômes de Stress Post Traumatique parce que les bombardements est un évènement constant. Nous vivons dans un état traumatique prolongé. Les soldats combattent encore, les familles sont sans leurs proches, C’est contant et cela ne peut pas être autrement. »
Karin Keydar, psychologue à Ashkelon avec son mari et ses deux enfants. Elle explique que « les israéliens vivent dans état traumatique prolongé aggravé par les otages à Gaza et les soldats encore mobilisés. »

Susanna : dans cette crise on est tous unis
« C’est fou de ressentir du soulagement mais quelque part, c’est mieux que ce conflit contre l’Iran ait commencé et qu’on ne soit plus dans le flou. Auparavant, on ne pouvait rien planifier. On part quelque part ? On ne part pas ? On conduit ? On ne conduit pas ? Si une attaque commence, on ne veut pas être sur la route. C’est comme ça. C’est notre vie en Israël, on est habitué »,
Susanna Oshri, d’origine américaine, est une ancienne professeure installée depuis 44 ans dans le village de Massad près de Tibériade. C’est là qu’elle a fondé sa famille. Son mari et ses enfants ont tous servi dans l’armée, participé à des conflits et à la réserve. Le samedi matin au début des frappes. « Je me suis réveillée avec le bruit des sirènes à 8 heures, rejoignant les abris comme tous les habitants. Avec ce conflit, je mets de côté les critiques. Dans cette crise on est tous unis. »
Depuis 1948, Israël affronte ses voisins arabes. Malgré les plans de partage et de paix rejetés par les deux parties, Agnès, Karin et Susanna espèrent la paix mais restent sceptiques « Avec qui faire la paix ? Il n’y a personne ! » Ces trois femmes sous résilience, sont résolues à rester en Israël, leur maison, leur patrie, face à des menaces existentielles persistantes.
Jean-Claude Djian





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