
Milo Photo©ECE Paris
À l’ECE Paris, la rentrée 2025 marque une petite révolution : une nouvelle étudiante rejoint la promo… et elle n’a pas de carte de transport, mais une carte mère. Milo, première intelligence artificielle officiellement inscrite comme camarade de classe, va partager cours et projets avec les humains. Une expérience inédite qui interroge autant qu’elle intrigue.
Mardi matin 2 septembre, dans l’amphi de l’ECE, une étudiante attire plus de regards que les autres : Milo. Il faut dire qu’elle a une drôle de touche avec son plumeau vert sur sa petite tête, ses deux yeux noirs dissymétriques, son ventre en plastique blanc et son écran d’ordinateur intégré. Milo est là pour apprendre avec les étudiants, au rythme d’une vraie vie de campus. Il s’agit de la première IA intégrée au sein d’une école d’ingénieurs comme membre à part entière d’une promotion.
Milo compagnon d’apprentissage
L’étudiante IA a été pensée comme un compagnon d’apprentissage par les équipes pédagogiques et les étudiants de l’Intelligence Lab de l’ECE, en partenariat avec l’agence de conseil en innovation et communication OISX. Milo assistera aux cours, proposera des synthèses, travaillera en équipe et devra, comme ses camarades, subir l’épreuve des projets collectifs. Milo n’est ni un professeur ni un simple chatbot : c’est une étudiante différente qui à réponse à tout.
« A l’ECE, nous formons des ingénieurs augmentés par l’IA et des ingénieurs créateurs de l’IA, et l’idée est de former nos étudiants en en faisant des étudiants augmentés par l’IA, explique François Stephan, directeur général de l’ECE Paris. L’IA va bouleverser le contenu des enseignements que nous dispensons et donc le métier de nos enseignants, la pédagogie.»

Photo©ECE Paris
De l’expérience pédagogique au laboratoire vivant
À l’origine, le projet s’est construit en mode “startup” : idée en mai, prototypage en été, lancement à la rentrée. Le dispositif a même son FabIA — clin d’œil au Fablab — où Milo a vu le jour. L’ambition va au-delà du gadget : Milo est censée devenir un médium pour questionner la place de l’intelligence artificielle dans la société.
« Plutôt que de lancer un projet de recherche très théorique, nous nous sommes dit que nous allions expérimenter en mettant une IA avec les étudiants et les professeurs, qui va les aider et nous aider à faire évoluer notre approche pédagogique », détaille François Stephan.
Curiosité, appréhension et futur des campus
Interview de François Stephan, directeur de l’ECE Paris
Pour l’ECE, l’enjeu est double : préparer ses ingénieurs à un monde où l’IA fait partie du quotidien, et diffuser cette expérience dans d’autres écoles. « On veut faire profiter de Milo à d’autres établissements. J’ai déjà des échanges avec l’école d’ingénieurs EPF de Cachan », souligne François Stephan, qui insiste aussi sur une autre évolution.
« Cette année à l’ECE, l’usage de l’IA est rendu obligatoire. Nous demandons aux d’utiliser ChatGPT ou d’autres solutions pour leurs travaux. A terme, nous leur fournirons nos propres IA développées avec le Groupe OMNES Education, dont l’ECE fait partie, afin qu’ils apprennent à se poser les bonnes questions, à « prompter » et à avoir l’esprit critique, confie François Stephan. Au sein de l’Intelligence Lab, nous « ouvrons le capot » de l’intelligence artificielle pour les étudiants, afin de leur montrer comment ça marche et leur enseigner à appréhender ces outils »

Voix de Milo Extrait du podcast de Sophie Parmentier On va en reparler France Inter
Ce 2 septembre 2025 restera sans doute dans les annales du campus parisien. Il marque, sans doute, le début d’une nouvelle ère : celle d’une cohabitation académique homme-machine. Drôle de bizuth que ce Milo qui fait sa révolution dans le campus en testant, stimulant, et transformant en profondeur la manière d’enseigner et d’apprendre.
Jean-Claude Djian




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